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LA PRÉVENTION DU CRIME
PAR L'AMÉNAGEMENT DU MILIEU UNE INTRODUCTION Jean Pierre Chartrand La prévention du crime par l'aménagement du milieu Le crime a un impact sur notre façon de vivre, qu'il soit réel ou perçu. Cette sensation peut être gérée mais peut aussi détruire la vie sociale, économique et physique des quartiers. Les activités criminelles évoluent et demandent des actions qui en minimise leur fréquence. Évidemment, en applicant l'idée « en faire plus avec moins » réduit les chances de succès des initiatives de prévention du crime. Par contre, les idées originales, les engagements à long terme (pas nécessairement monétaire), les partenariats multidisciplinaires et entre agences en plus de l'implication communautaire peuvent aider augmenter la sécurité des emplacements. Partout au monde, des agences publiques et des organisations privées ont entamé des efforts - seul et collectivement - pour réduire les instances de crime. Ces diverses efforts passent par l'adoption de nouvelles lois, la construction de nouvelles prisons, la création de programme tel que « surveillance de quartier », l'implantation des initiatives de la police communautaire à intégrer des nouveaux standards de prévention du crime dans le design de nouvelles constructions et fournir une formation aux propriétaires de maisons, d'immeubles et gérants de propriétés. Un outil de planification stratégique qui a fait ses preuves dans le domaine de la prévention du crime est la PCAM (Prévention du crime par l'aménagement du milieu). Qu'est-ce que la PCAM? La PCAM est un outil de prévention du crime qui mise sur le bon design et l'utilisation d'un environnement. La PCAM est vite devenue une mesure proactive dans la planification stratégique de la prévention du crime, une mesure qui peut jouer un rôle dans la réduction d'incidents criminels, la réduction de la peur du crime tout an augmentant la qualité de vie. La PCAM n'est pas la solution finale au crime mais plutôt une stratégie qui peut être appliquée dans tous genres de développements existants et futurs. Les stratégies de la PCAM sont basées sur l'idée que les architectes, les urbanistes, les paysagistes, les décorateurs d'intérieurs et les services policiers peuvent ensemble créer un climat de sécurité au sein d'une communauté en développant un environnement physique qui influence le comportement humain de façon positive. L'origine de PCAM nous vient de Jane Jacobs qui, en 1961, publie un livre intitulé « Déclin et survie des grandes villes américaines ». Elle voyait les villes s'étouffer sous le poids de l'urbanisation trop rigide. « Eyes on the street », une expression tirée de son livre, vise à créer un environnement qui harmonisent les milieux de travail, d'habitation et de récréation. Selon Mme Jacobs, les rues dans les villes sont dangereuses parce qu'elles sont désertes. Ce problème peut être résolu en donnant trois caractéristiques principales à ces rues : - Une délimitation claire entre les espaces publics, semi-privés et privés; - Un regard direct sur la rue, c'est-à-dire que les immeubles doivent aussi être orientés vers la rue. - L'utilisation des rues de façon continue pour augmenter le nombre de gens qui surveille les rues. Dans son livre « Defensible Space » publié en 1972, Oscar Newman pousse plus loin les idées de Jane Jacobs. M. Newman soutient que le développement de la criminalité est dû à la conception des habitations qui empêchent les résidants d'exercer un contrôle informel de leur entourage. M. Newman défend l'idée que le contrôle informel résulte principalement d'une surveillance naturelle allant de pair avec un sentiment de territorialité profondément enraciné chez l'habitant. « Regardez ce qui ce passe là-bas... empêchez ces gars de violer mon entourage! » Pendant les années 70, M. Newman poursuit ses recherches pour prouver sa théorie. De cette recherche sont nées les stratégies « CPTED - PCAM ». En 1979, M. Newman revise sa théorie pour miser plus d'importance sur les agents sociaux. Newman met aussi l'accent sur ce qu'il appelait « les communautés d'intérêts » c'est-à-dire, des petits groupes d'habitants ayant à peu près le même style de vie, le même âge et le même cycle familial. L'architecture et l'aménagement du territoire entrent en ligne de compte au moment ou M. Newman dit qu'il faut construire des maisons ou des appartements spécialement conçus pour ces communautés d'intérêts. Par conséquent, la cohésion sociale se crée au travers de l'aménagement du territoire. Aujourd'hui, cette ligne de pensée inclut tout ce qui se construit, où les gens habitent et où ils se rencontrent. Pour saisir la PCAM, il faut comprendre les quatre principes de base.
« L'organisation des atouts physiques, les activités et de la population de façon à maximiser la visibilité. » Un espace peut être conçu pour que les usagers croient qu'ils seront vus ou observés s'ils font quelque chose d'illégal. L'orientation d'un édifice, la disposition des portes, fenêtres et endroits commun, l'alignement des trottoirs et sentiers, la location et le niveau d'éclairage, le bon design et l'étendue des espaces ouverts contribuent tous à la surveillance naturelle. Ce principe est basé sur la croyance que les activités de genre criminel sont généralement réduites dans un endroit observé de façon informelle par ceux qui sont aussi présents ou très près. 2) Contrôle de l'accès naturel « Diriger la population qui traverse un espace spécifique par l'utilisation des entrées, des sorties, d'affiches, de clôtures, de paysagement et d'éclairage. » Les systèmes circulatoires de piétons, de bicyclettes et de véhicules - rues, aires de stationnement, trottoirs et sentiers, jouent aussi un grand rôle dans le contrôle de l'accès naturel. Non seulement les malfaiteurs devraient-ils avoir des problèmes à entrer dans un espace sans être observés mais ils ne devraient pas non plus avoir l'occasion de se justifier ou de justifier leur présence dans les endroits privés ou semi-privés en disant « Je ne savais pas que c'était un endroit privé ». Un espace peut être conçu pour éviter que les malfaiteurs n'aient la chance d'expliquer le pourquoi de leur entrée sans autorisation ou pourquoi ils s'en donnaient à des activités illégales. « L'utilisation des attributs physiques qui démontre l'appartenance tel que les clôtures, les pavés décoratifs, l'art, les affiches et le terrassement. » Les gens sont très territorial. Donc, il est très important de démarquer sa propriété de celle du voisin. Ceci s'applique autant à ce qui peut être appartenu directement ou auquel un sens d'appartenance peut y être relié. La PCAM mise beaucoup sur une démarcation claire de la hiérarchie de l'espace, soit public, à l'intention de tous, semi-privé, à l'intention d'utilisateurs spécifiques et privé, pour l'utilisation privée d'entreprises, de locataires et de propriétaires. Il devient nécessaire de minimiser les espaces non assignés, ceux dont les signes d'appartenance sont inexistants ou pas très bien définis. En planifiant et en développant les espaces, toujours en misant sur le renforcement territorial, il est possible de mettre les malfaiteurs encore plus en évidence. « L'utilisation continue d'un espace dans sa fonction première agit comme expression additionnelle d'appartenance. » Quoique les principes de la PCAM soient important, aucun effort n'est soutenable sans que le tout soit bien géré et maintenu. Le maintien du paysage de façon régulière, la formation des employés des compagnies de gestion de propriétés et la réparation rapide des sources d'éclairages sont des exemples de ce principe. Que ce soit une maison unifamiliale, un bloc appartement, un campus scolaire ou la rue principale d'un centre-ville, un espace doit être entretenu pour sa raison première ou il sera pris dans un cycle de détérioration et succombera aux conditions et activités non désirées. Les bénéfices Plusieurs villes au pays et au monde entier ont adopté le programme PCAM dans la planification, le développement des espaces. Par exemple, mentionnons Vancouver, Calgary, Toronto et Ottawa comme villes au Canada qui emploient les stratégies PCAM. Les entreprises, en particulier les dépanneurs et les stations d'essence, sont au premier plan de l'acceptation de la PCAM dans le secteur privé. Un meilleur éclairage, des devantures propre du lieu d'affaires et les enseignes entre autres ont réduit de beaucoup les instances de crime sur ces propriétés. 1 - Partenariats Les outils pour la prévention du crime traditionnel ont toujours impliqués un certain nombre de disciplines. Depuis les dernières années, nous voyons de plus en plus la venue de stratégies inter-disciplinaires pour combattre les conditions qui contribuent au crime. Des experts dans plusieurs disciplines professionnelles s'unissent avec les regroupements des gens d'affaires, les groupes de quartier et les agences sociales dans des activités menant à la prévention du crime. La PCAM, étant ce quelle est, se prête très bien aux partenariats et aux échanges d'information. En bref, la PCAM encourage les actions collectives face aux inquiétudes communes. 2 - Adaptabilité La méthodologie PCAM, utilisée pour identifier et corriger les conditions qui contribuent aux activités criminelles, peut aussi s'appliquer autant à des endroits aussi diversifiés qu'une communauté urbaine en banlieue ou un parc industriel. La PCAM peut répondre à une grande variété de facteurs socio-économiques qui pourraient avoir leur place dans un plan de la prévention du crime. Basé sur la nature et l'ampleur des conditions présentes dans un endroit, l'implantation d'une stratégie PCAM peut inclure des actions immédiates et à long terme. Peut-on appliquer ces techniques à l'organisation intérieure? Les techniques de la PCAM sont également efficaces lorsqu'elles sont appliquées à l'aménagement intérieur des bâtiments ou des magasins. L'universalité de la PCAM vient de sa capacité à aider différentes exploitations ou compétences à mieux s'y prendre pour atteindre leur objectif principal. Les décorateurs et les marchands ont découvert que l'application des techniques de la PCAM a augmenté les ventes, parfois jusqu'à 33 p.100, et réduit les problèmes de sécurité de 50 p. 100. La PCAM offre l'occasion d'organiser l'espace intérieur de façon à favoriser la prévention des crimes et à dissuader les malfaiteurs. La solution idéale est d'appliquer la PCAM dès l'étape de la conception ou de la planification lorsque les bénéfices qu'elle apporte peuvent être intégrés au plan général à peu de frais. L'approche 3-D de la PCAM La façon d'inclure les stratégies PCAM dans un développement communautaire de nouvelles constructions ou projets de rajeunissement est en utilisant un processus à trois étapes. Désigner : Quel est l'utilisation prévue de l'espace? Quel comportement y sera permis? Définir : Quelles sont les limites physiques de l'espace? Quelles sont les bornes entre cet endroit et les espaces publiques? Est-ce clair à savoir quelles activités sont permises et où? Quels risques peuvent êre anticipés et pour lesquels on peut projeter? Dessiner : Est-ce que l'environnement physique supporte l'utilisation prévue de façon efficace et sécuritaire? L'utilisation de l'approche 3-D pour évaluer un espace peut démontrer un conflit entre les trois D, un signe qu'il faut apporter une modification. Si un espace n'a pas de but ou de raison d'être spécifique, est mal défini, ou n'est pas dessiné de façon à bien supporter et bien contrôler sa raison d'être, cet espace peut attirer le crime et la peur qui y est associé si les modifications requises ne sont pas faites. Par exemple, le défi est de dessiner un aire de stationnement ou de placer les toilettes publiques pour qu'elles soient fonctionnelles, tout en maximisant la sécurité personnelle des utilisateurs légitimes. Une fois les 3-D considérés, l'espace est évalué pour déterminer s'il supporte bien l'appartenance, la surveillance naturelle et le contrôle de l'accès naturel. Le contrôle de l'accès naturel et la surveillance aide à promouvoir un plus grand sens d'appartenance parmi les utilisateurs et une plus grande perception de risques chez les malfaiteurs. Ceci peut être accompli avec de vraies barrières telles que les clôtures ou avec les barrages symboliques tels que la végétation à faible hauteur, des changements dans l'élévation du terrain ou en changeant la texture d'un trottoir. Un dernier mot Puisque le crime est souvent l'inquiétude primordiale du grand public, il est important de trouver des solutions qui aident à éliminer les conditions favorisant le crime. A l'ampleur du pays, le public et le secteur privé reconnaissent que les services policiers ne peuvent plus à la fois répondre aux crimes et corriger les conditions qui mènent au crime et ce, en gagnant les deux batailles. Des regroupements de départements municipaux, d'entreprises et d'associations de quartiers s'unissent pour combattre le crime en formant des partenariats et en coordonnant leurs ressources. Un des outils central à ces efforts est la PCAM. En augmentant la participation, en coordonant et en applicant les stratagèmes PCAM, la lutte contre le crime devient proactive au lieu d'être réactive, un processus qui peut conduire à une renaissance de quartier, de développement de remplissage et une meilleure image de la communauté. Bibliographie: Police provinciale de l'Ontario The Planning Center Paul Van Soomeren du site internet www.dsp-advies.nl ©Copyright 2002 CPTED. All Rights Reserved.
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